• Cruelle écriture que celle des adieux

    Qui vous jette brisée au coeur de la nuit

    Perdue, transie, le vide dans les yeux

    Les cris étouffés par tout le bruit

     

     

     

     

     

    Des douces pensées se faufilent dans les incertitudes.

    Courbe d'une trace d'inspiration, fond dans l'insaisissable torpeur de l'artiste qui happe le voile ondoyant, traverse fibre et fusion d'un élan fataliste.

     

     

     

     

     

     

    Comme une main qui se tend par-dessus un abîme, pour se raconter l'accomplissement d'un monde que l'on sait raté.

    Comme une main qui se pose sur ton épaule, pour allumer les étoiles par un espoir.

    C'est se sentir écouter par des murs sourds, quand il faut être écouté par ceux qui nous entourent.

     

    C'est aussi rire quand on a envie de pleurer

    C'est aussi pleurer quand on a envie de rire

    C'est donner quand on a rien à donner

    C'est dire oui quand il faut dire non

    Et dire non quand il faut dire oui

    C'est le coeur d'une fleur qui se ride à force d'être déçu

    C'est l'âme d'un pétale de rose qui tombe en débris

    C'est discourir avec emphase en forme de péroraison

     

     

     

     

     

     

     

    Les lignes courent et l'enfer s'ouvre

    Votre secret jardin est désert et sinistre

    Seule s'y balade la peine qui souffre

    Titubante sous un ciel sans astres

     

     

    Naufragé comme un bateau ivre, éclaté à grands coups d'encre, je laisse le jeu des mots agiter ma vie.

    Et je joue à contre temps, loin de la page et face au vent.

    Je veux des flammes dans mes voiles, qu'elles montent aux cieux que quand je plane, les étoiles s'enfoncent dans mes yeux.

     

     

     

     

     

     

     

    La missive s'achève noircie d'effondrement

    La plume aux illusions perdues cherche sa fin

    Sans évoquer le pourquoi du commencement

    En délire, les mots s'épuisent en vain

    Ils se brouillent sous d'amers flots brûlants

    Avec déjà les regrets entassés pour demain

     

     

     

     

     


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    Voiles aquatiques dans l'orgue des naïades

    Parfums délicieux embaumant la jetée

    ... Partir ...

    S'habiller de courage et d'espoir malgré les matins glacés

    Les midis de feu, le soir sans étoiles

    En rêves silencieux d'écume et de secret

    Dans les flots se jeter sans risquer la noyade

     

    Et cette ligne plate à en perdre la vue

    Chemin déjà tracé où glisse le naïf

    Que peut-elle bien faire pour tous ces inconnus

    Qui, regardant les nues, échouent sur les récifs ?

     

    Mille croisées roses dans le ciel clair-obscur

    Par delà l'océan de ces mots et les vents de la rose

    Voguer sur les soupirs que les vagues murmurent

     

     

     

     

     


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    ¤ Voici venir le temps où vibrant sur sa tige

    Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir 

    Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Je délaisse mes mains pour un instant

    Je dépose mes baisers sur un cou des plus candides

    Humant le rouge de ses lèvres par la nuit fardées de noir !

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    ¤ Valse mélancolique et langoureux vertige

    Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir 

    Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Petit morceau de papier adoré au-delà des cimes

    Portrait caché, son pouvoir transporte les uns au bout d'eux-mêmes

    Une tranche de vie serrée au creux des mains

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    ¤ Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir

    Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir

    Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige ...

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Délaisser les mains, pour un instant de bonheur

    Juste frôler les reins comme la plume d'un ange

    Envolant les plaisirs en a corps sans heures

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Découper au rasoir d'argent ce voile maré de l'incertitude

    Crainte violente devant le danger

    Tourbillonnement brodé d'hypocrisie au canevas des faux semblants 

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     Epouvante couleur mensonge sur fond magique

    Couleur de sang sur des fils d'or

    Caché dans les apparences des idées décousues en de grandes déchirures ...

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     ¤ Du passé lumineux recueille tout vestige

    Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige ...

    Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    ¤ Extrait " Harmonie du Soir " Charles Baudelaire (1821-1867) ¤


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    La violence des sentiments ignore la sagesse

    La tempête absorbe les flots de tristesse

    Les débris se recomposent et se nettoient

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Parlons tendre, parlons fort

    Laissons aux faibles l'ironie du sort

    Est-ce si encombrant d'aimer sa vie

    Au péril d'initier l'amour à son propre génie ?

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    L'amertume a fait son choix

    Ni bon, ni mauvais, s'en va le moi

    Vers quel sombre passé vont les âmes traverser

    En quête du néant ou du presque rien à verser ?

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    J'envie les destins purs, source d'hérésie certaine

    Je m'incline face à ces rumeurs en scène

    Qui la nuit, hante mes caves sans fond

    J'implore une trêve, que cesse mon imagination !

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    ... Juste ces quelques lignes qui sont un cri, écrit pendant mon exil du soir.

    Dans le silence, j'écoute mes sens frémir et vibrer ...

    Nuit noire

    Nuit diamant

    Eau lisse qui m'entraîne

    Dans son scintillement

    Je traverse le miroir

    Mon cri se perd dans le silence

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Je cherche ton regard

    Dans une palpitation d'étoile

    Ton ombre

    Dans le ciel fuyant

    Je tends les mains

    Vers une lumière incertaine

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Et l'aube doucement me ramène sur le rivage

    Le sable est fluide sous mes doigts

    Tiède et léger

    Comme ton souffle sur mes lèvres

    J'ai ton sourire du fond des yeux

    Au bord des cils ... Des gouttes de soleil

     

     

     

     

     

     

     

     


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    Les pluies digitales dégrafent les mains mentales, des lucarnes éblouies d'ongles minuscules, des filets d'eau cadencent fantasques pantin.

    Des bulles fragiles tremblent en l'air, puis éclot la fluidité subtile aux vitrages agiles.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Je jouais avec le bonheur, et je réfléchissais par combien c'était rare et fragile ce que je tenais dans mes mains.

    Rester seul sur la terre !

    J'hésite ! J'attends quoi ? Que ma vie ne compte plus pour rien.

    Que ceux qui ont aimé ma jeunesse pleurent sur moi ; il ne sont pas nombreux.

    Si je veux vivre encore, ne faudrait-il pas effacer ?

    Il me faudrait, non seulement oublier l'amour, mais désapprendre qu'il existe.

    Non seulement oublier et renier ce qui a été bon pour moi, mais tuer ce qui peut l'être encore ; car que ferais-je si je m'en souvenais ?

    Je ne ferais pas un pas sur terre, je ne rirais pas, je ne pleurerais pas.

    Mes moindres actions retentiraient en moi, et comme des échos sonores, y feraient gémir mes malheurs ; tout ce qui ennuierait mon âme y éveillerait un regret.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Peau noire de l'homme originel

    Ou corps calciné jusqu'aux os ?

    Le crâne plein intact

    Les bras démesuréments longs,

    Branches creuses presque détachées de ce corps

    La main provocante à six doigts, décharnée et vivante encore

    Les jambes écartées et tremblantes

    Verticalité miraculeuse, émouvante, agaçante,

    Le sexe inattendu, timide mais là

    La cage thoracique, calligraphie précieuse

    Et ce soleil épais dans le ventre,

    Tourbillon de matière blanche

    Energie impudique qui irradie, nous dévore

    Centre irréductible de son être.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Je suis absolument seul dans ce dénuement, quintessence de l'homme posé dans l'espace.

    J'entends les fous échos d'un convoi de naguère, sur l'onde impassible d'un souvenir hanté.

    Sceau de soie qui étreint une légende amère, dans les fragments éteints d'un enclos laminé.

    Des élans indolents ont laissé leur empreinte ...

    La vie me pulvérise, je calme mon âme d'une infâme méprise.

     

     

     

     

     

     

     

     


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