• Les mots

     

     

    Il y a des mots comme des brouillards

    Pendus à nos cous en fantômes gris

    Ils sont bien frileux et leur teint blafard

    Se cerne de noir quand ils sont écrits

     

    Ils vont et ils viennent sans jamais savoir

    Si le lendemain leur sera plus doux

    Que vole en éclat le triste miroir

    Sans un cri d'amour le vent devient fou

     

    Que s'envolent au vent mes écritures vaines

    Qui taraudent mon âme et hantent mon esprit

    Que j'écrive en latin, en grec, même en sanskrit

    Ce ne seront jamais que de pauvres fredaines !

     

    Les mots se bousculent et s'arrêtent là

    Douloureux et fiers, en signes fragiles

    Au bord d'une page, sanglotant tout bas

    Devant leur folie aux courbes agiles

     

    Il y a des mots comme des brouillards

    Qui deviennent pierres aux reflets changeants

    Ils bordent nos routes et leurs yeux hagards

    Nous fixent sans voir leurs ombres d'argent

     

    Je songe avec dépit aux époques lointaines

    Où le poète avait encore quelque crédit

    Où l'on ne jetait pas, sur lui, le discrédit

    Le priant, au contraire, aux agapes mondaines

     

     

     

     

     


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